[Interview #5] La face CACHÉE du MARATHON de la LOIRE [Mélodie et Stéphanie]

Contexte de la face cachée du Marathon de la Loire

Salut les Coureurs Motivés 👋

Je veux aujourd’hui vous faire découvrir la face cachée du Marathon de la Loire grâce à une interview exclusive de Mélodie et Stéphanie.

Les organisatrices répondent à toutes mes questions :

  • Quelles sont les grandes étapes pour organiser un marathon ?
  • Comment une date de marathon se choisit-elle ?
  • Quelles sont les nouveautés de votre 3ème édition ?
  • Quelle est votre particularité par rapport au départ de la course ?
  • Combien vous rapporte un événement de ce type-là ?
  • Etc.

Venez donc découvrir ce qui se cache derrière un événement qui réunit des milliers de coureurs chaque année. A la fin de l’interview, Mélodie et Stéphanie vous dévoileront des anecdotes touchantes.

Soyez libre de me dire ce que vous avez pensé dans les commentaires. Cela me sera très utile pour la réalisation de mes prochaines interviews 😉

Bonne découverte !

Interview

Pouvez-vous vous présenter pour que l’on comprenne bien ce que vous faites dans le cadre de l’organisation du Marathon de la Loire ?

Stéphanie : « Mélodie et moi-même nous représentons l’équipe. Il faut savoir que nous sommes une équipe de quatre personnes au quotidien pour travailler sur le marathon. Je suis en charge de la partie parcours, sécurité, logistique et de l’ensemble des différentes étapes pour l’organisation concrète du marathon. Mélodie est en charge de tous les aspects communication. C’est très large : communication auprès des coureurs, sur Internet et sur l’organisation ciblée auprès du grand public. »

Quelles sont les grandes étapes pour organiser un marathon ?

Stéphanie : « En termes de grandes étapes, il y a d’abord l’élaboration du parcours puisque le marathon c’est une distance officielle de 42,195 kilomètres. Ce parcours est mesuré et est validé officiellement par la FFA (Fédération Française d’Athlétisme). Il y a donc une première étape de mesurage et de labellisation. Le marathon doit ensuite répondre à un cahier des charges très précis auprès de la FFA : en termes de distance, de sécurité, de confort du coureur et des différents points de ravitaillement. L’ensemble des différents points du cahier des charges doit être respecté. Puis, nous mettons aussi un point d’honneur à ce qu’il y ait des « dotations qualités ». Par exemple, nous portons en ce moment même avec Mélodie la veste qui est offerte à chaque coureur. Il y a aussi toute la partie médaille, sac ainsi que toutes les autres récompenses que nous offrons aux coureurs. »

Mélodie : « Un petit mot rapide sur la communication qui est effectivement très vaste. Il y a plusieurs vagues de communication en fonction de la cible et des coureurs que l’on veut toucher. L’objectif c’est d’informer et d’inscrire sur le marathon et sur les autres épreuves. Mais il y a aussi tous les spectateurs et les personnes qui accompagnent tous les coureurs pendant l’événement pendant le weekend donc on cherche à les sensibiliser pour créer une dynamique positive autour du coureur et de la ville. C’est tout un territoire qui est mobilisé sur le weekend. Il y a donc plusieurs canaux qui sont utilisés en fonction du profil de chaque coureur. »

Comment  une date de marathon se choisit-elle ?

Stéphanie : « En termes de date il y a plusieurs critères. Nous avons choisi d’être un marathon de printemps donc un marathon qui se situe sur les mois de avril ou mai. Ceci est fait en fonction d’un calendrier national mais aussi régional. Idéalement on choisit un calendrier de manière commune pour qu’il n’y ait pas trop d’événements sur un seul weekend afin que l’on soit cohérent en termes de calendrier. On donne effectivement un choix de date qui nous parait le plus pertinent à la FFA. Après, on participe à une réunion commune qui est organisée avec l’ensemble des organisateurs des autres courses afin de pouvoir valider le calendrier. »

Avez-vous dû négocier votre date du 12 mai 2019 ?

Stéphanie : « Idéalement on aime bien rester sur le même weekend si c’est possible. Cela n’a pas été le cas dernièrement par rapport à la session 2018 puisque l’on s’est décalé un petit peu puisqu’il y a un autre marathon qui a lieu sur des dates fin avril. On s’est donc entendu pour pouvoir se décaler pour ne pas tomber en même temps que les autres marathons. »

Quelles seront les nouveautés de votre événement pour cette 3ème édition ?

Stéphanie : « Comme le disait Mélodie nous avons donc l’épreuve du marathon ainsi que 3 autres épreuves dont un semi-marathon qui est une des nouveautés de 2019. Nous avons également une épreuve combinée qui se passe à deux. D’abord une descente de 12 kilomètres en canöe bi-place puis une course de 17 kilomètres. Tout cela se fait sur le trajet du Marathon de la Loire. Ensuite on a également une épreuve de 10km intra-muros dans Saumur. »

Y a-t-il une particularité par rapport au départ de la course ?

Mélodie : « Toutes les courses partent en simultané. Cela veut dire qu’un coureur qui est sur le parcours du marathon va pouvoir apercevoir les coureurs qui sont sur un canoë sur l’épreuve combinée. Tous les coureurs vont donc se retrouver à un moment tous ensemble. Un coureur ne sera jamais seul sur le parcours et c’est un réel atout puisqu’on le sait, il y a des moments qui sont plus difficiles à traverser tel que le marathon par exemple. C’est vraiment important pour nous que les coureurs ne se sentent pas seuls sur le parcours. »

Que pouvez-vous nous dire en termes de participants à ces épreuves ?

Mélodie : « L’année dernière nous étions complet sur marathon à 3000 coureurs. Pour l’épreuve en relais (qui a été remplacée cette année par le semi), on était 1000 et sur le 10km 1500. En termes de participants, sur l’épreuve combinée, nous sommes sur une épreuve qui est assez compliquée en termes de logistique à mettre en place. Il y a donc un nombre de places limitées sur cette épreuve. Il y a pour celle-ci 250 embarcations soit 500 coureurs. En moyenne, il y a environ 6000 participants au total à l’événement. »

Au nivau des tarifs de l’inscription, qu’est-ce que ça donne ?

Mélodie : « Il y a 3 vagues d’inscription. Pour le marathon, on a commencé à 50 euros qui a couru jusqu’au mois de décembre (2018). Puis 65 euros et là 75 euros. L’inscription comprend de jolies dotations comme je le disais tout à l’heure avec l’ensemble des points de ravitaillement qui sont bien fournis. Il y a une veste qui est remise, une médaille, il y a également un sac et il y a une bouteille de crémant. »

Combien vous rapporte un événement de ce type-là ?

Mélodie : « Il faut savoir que l’on parle d’une soixantaine d’euros que débourse un marathonien pour pouvoir venir sur l’épreuve. On a fait avec Mélodie des calculs et si on intègre l’ensemble des dépenses pour un marathonien à savoir les points de ravitaillement et la partie sécurité qui est très stricte pour l’organisation d’un marathon car le parcours doit être complètement hermétique. C’est-à-dire que sur l’ensemble des points d’intersection, nous sommes obligés de sécuriser avec voitures pour les plus grands carrefours et des barrières. On s’est rendu compte qu’un marathonien nous coûte à peu près 110 euros. Donc le calcul est rapide. »

Avec des frais d’inscription d’une soixantaine d’euros et 110 euros de coût par marathonien, vous n’êtes donc pas bénéficiaires sur ce type d’épreuve  ?

Mélodie : « Effectivement, nous ne le sommes pas du tout. »

Julien : « C’est intéressant à savoir car il y a souvent des discussions sur les prix au niveau des coureurs pour comprendre pourquoi le prix monte, pourquoi le prix baisse. Je trouve qu’il est donc intéressant de comprendre ce qu’il y a derrière ces chiffres. »

Combien de temps vous faut-il pour organiser l’ensemble de l’événement ?

Mélodie : « Dès que le marathon est terminé on pense tout de suite à l’année d’après. Ceci est lié au calendrier mais aussi sur la gestion des inscriptions, etc. En gros, nous travaillons à l’année sur l’organisation du marathon. »

Pour en revenir à votre équipe, êtes-vous quatre seulement pour organiser tout le marathon ?

Mélodie : « Nous sommes quatre à l’année et ensuite nous avons des pôles qui viennent renforcer l’équipe. Puis, nous avons bien évidemment des bénévoles qui sont impliqués. Le jour J on va dire qu’il y a 600 personnes au total qui y participent. »

Combien y a-t-il de personnes bénévoles qui participent ?

Mélodie : « Sur le marathon on est à peu près à 500 personnes si on compte les consignes, la remise des dotations, tous les points de ravitaillement, les points d’épongement et la sécurisation. »

Sans ces bénévoles l’organisation de ce type d’événement ne pourrait pas avoir lieu, est-ce bien cela ?

Mélodie : « On ne pourrait pas faire le Marathon de la Loire sans bénévole. C’est vraiment très très important pour l’organisation ainsi que pour les coureurs. »

L’écologie est de plus en plus présente dans ce type d’événement. Ainsi, est-ce que votre événement à un Label de type Eco ?

Mélodie : « Le marathon n’a pas ce label. Toutefois, nous sommes labellisés auprès de la FFA et pour cela il y a un cahier des charges à respecter au niveau de l’environnement. On fait un dossier auprès de la DDT (Direction Du Territoire) dans lequel on fait une déclaration de « NATURA 2000 » puisque nous sommes sur un site qui est classé au patrimoine de l’UNESCO. Donc nous sommes très très vigilants par rapport à nos déchets. Pour les déchets des coureurs, on essaye également de les sensibiliser là-dessus. En résumé, nous n’avons pas de label Eco mais nous sommes très attentifs à ne rien laisser sur les berges en bord de Loire et sur l’ensemble du parcours d’ailleurs. On a toute une équipe de mobilisée en fin de peloton avant la réouverture des routes pour pouvoir vraiment ramasser l’ensemble des détritus. Que cela soit gobelets, gilets, bouteilles des coureurs, donc on est très vigilents là-dessus. » 

Pour en revenir au coeur du marathon, pouvez-vous nous faire rêver et nous indiquer quel est le record actuel sur le vôtre ?

Mélodie : « Le record s’est fait en 2017 lors de la 1ère édition. 2h20 par Emmanuel ELIM. Au niveau des élites il faut savoir que l’on n’a pas la politique de payer les élites pour les faire venir courir sur le marathon. »

Quelles sont les caractéristiques du parcours ?

Mélodie : « Nous sommes sur un marathon qui est très plat puisqu’il y a seulement 58 mètres de D+ sur l’ensemble du parcours. Donc c’est un parcours qui est vraiment propice à la performance. Peut-être qu’un jour en grandissant on aura plus de moyens on pourra faire venir des élites. Et je suis sûr que très honnêtement et objectivement c’est un parcours qui pourrait pulvériser certains chronos, c’est sûr. Le parcours est très roulant et agréable en plus de ça avec un joli panorama… » 

Stéphanie : « …que l’on agrémente en plus avec une animation tous les kilomètres qui est la grande nouveauté pour l’année 2019. C’est-à-dire que sur le marathon, le coureur va avoir 42 points d’animation musicale sur son parcours et ça, ça booste aussi les troupes. Et ça permet aussi d’aider à se dépasser et d’arriver à faire un chrono pour ceux qui veulent essayer de battre un record précédent… » 

Mélodie : « …ou d’aller au bout tout simplement. Et on sait en plus de cela que la musique stimule, ça c’est une évidence. Mais en plus, ce que l’on souhaite également c’est d’avoir le plus possible de spectateurs, de supporters sur les bords des routes. Donc avec un point musical, logiquement les gens vont venir se greffer autour pour y passer un bon moment et pouvoir encourager les coureurs. »

Pour en revenir à la longueur parcourue. La distance est validée par la FFA mais la mesure comment est-elle mesurée concrètement ?

Mélodie : « La mesure est faite par des personnes de la FFA. Il s’agit de juges qui sont agrémentés pour le faire. Ils viennent tout simplement à vélo et ils mesurent l’ensemble du parcours. Donc le parcours est mesuré et clouté. Ils enfoncent des clous tous les kilomètres. Nous sommes donc sur un parcours qui est normalisé et validé. »

Comment cela se passe-t-il au niveau du chronométrage, des dossards et des puces ?

Mélodie : « Effectivement pour la partie chrono c’est super important donc on fait appel à une société de chronométrie à laquelle on délègue totalement cette partie-là. Donc comme tu le disais sur l’ensemble des dossards au dos nous avons des puces. En complément, nous avons des tapis sur l’ensemble du parcours, non seulement au départ mais aussi sur des points intermédiaires du parcours pour que le coureur puisse connaître son temps et bien sûr à l’arrivée pour avoir le temps réel pour le coureur. »

Est-ce que vous avez un message qui vous tient à coeur que vous souhaitez partager aux futurs participants et participantes ?

Mélodie : « Juste comme ça, naturellement, j’ai en tête nos deux derniers coureurs dont je me rappelle très bien. Sur la 1ère édition c’était Bernadette et sur l’édition 2018 on avait Renald. Juste pour dire que nous sommes autant attentifs au premier coureur, qui se donne à fond et c’est une superbe expérience, qu’au dernier. En fait, sur le marathon, on est sur un temps de course officiel de 6 heures. Au bout des 6h le marathonien est « hors course ». Sur les deux dernières éditions, on a fait des haies d’honneur au dernier arrivant avec débouchage de bouteille. Voilà, c’est autant d’émotions d’applaudir le premier que le dernier sur marathon… »

Stéphanie : « …ça a un côté humain que l’on ne retrouve pas forcément sur les très gros marathons. Nous on peut se le permettre et on souhaite le conserver. C’est également un lien que l’on a avec les coureurs et c’est très important. Pour la séquence émotion, je dirais que c’est aussi le moment où tous les départs sont donnés sur les épreuves. On voit passer tous ces coureurs qui ont confiance finalement par rapport au projet qui se prépare, comme on le disait, au moins un an à l’avance. Et c’est assez émouvant aussi de se trouver sur la ligne de départ. C’est un peu le cadeau, la concrétisation de tout notre travail et ça c’est vraiment important. C’est très très sympa à vivre aussi. »

Julien : « Je rejoins votre démarche. Je trouve qu’elle est très intéressante. Apporter autant d’attention à ceux qui veulent chercher de la performance, un chrono, qu’à ceux qui veulent simplement participer, pour avoir la fierté de réussir l’épreuve, est une très bonne démarche. De cette manière, il y en a pour tout le monde. »

Pour finir cette interview, avez-vous une anecdote à partager ?

Stéphanie : « Moi, je dirais que s’il y a quelque chose qui m’a marquée c’est par rapport à l’édition 2018 car on a eu un mauvais temps sur le weekend. Surtout sur l’épreuve du 10km où c’était vraiment compliqué. Donc au niveau de l’organisation ça donne un petit coup sur le moral car on préfère quand il fait beau et que les conditions sont plus simples et agréables pour les coureurs. Mais moi ce qui m’a marquée c’est les coureurs qui revenaient vers nous en disant :

Mais non, ce n’est pas grave c’était super, on s’en fout de la pluie, vous avez réussi à faire les choses super bien et la pluie c’est qu’un détail.

Stéphanie : « Mine de rien, c’est un point sur lequel ils ne nous tiennent absolument pas rigueur. Et à partir du moment où ils sont tous ensemble et qu’ils passent un super moment, et une super expérience de partage et de rencontre, c’est ce qui compte le plus. »

Julien : « C’est une très jolie anecdote effectivement. De toute façon, on ne peut pas vous reprocher de ne pas maîtriser le temps, vous faites déjà l’organisation de tout le reste. Je pense que c’est plaisant pour vous d’avoir des retours positifs sur quelque chose que vous craignez. Et pour avoir participé à plusieurs courses, même si le temps idéal n’est pas au rendez-vous, de toute façon, en tant que coureurs, on préfère quand il ne fait pas trop chaud ;-). »

Mélodie, Stéphanie, avez-vous quelque chose à rajouter ?

Stéphanie : « On accueillera avec plaisir tous les coureurs qui veulent participer à l’événement. Ce sera avec plaisir. »

Le mot de la fin

J’espère que cette interview vous a plu que vous avez appris de nouvelles choses sur l’organisation des marathons et plus particulièrement de celui de la Loire.

J’en profite à nouveau pour remercier vivement Stéphanie et Mélodie pour le temps qu’elles m’ont accordé pour réaliser cette interview.

Aussi, je vous remercie vous, Coureur Motivé ou devrais-je plutôt dire Lecteur Motivé, d’avoir pris le temps de lire cet article jusqu’au bout car il était dense 😉

Si vous avez envie d’en apprendre encore plus sur cet événement ou tout simplement vous inscrire à une épreuve, le lien qui suit est à votre disposition :

>> Accéder à l’événement du Marathon de la Loire

Gardez à l’esprit qu’il y en aura pour tout le monde : marathon, semi, 10km et même pour ceux qui aiment faire des courses en duo, il y a le canoë & course à pied.

Soyez libre de partager dans les commentaires ce que vous avez pensé du format de cet article. Je lirai avec grand plaisir vos messages et je prendrai en compte vos retours.

Je vous souhaite un bon entraînement et à très bientôt pour de nouvelles interviews.

Julien

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